Si vous êtes en vacances dans le Salento, vous profitez sûrement de sa magnifique mer cristalline. Toutefois, il convient de savoir que le Salento a bien plus à offrir. C’est une terre pleine de charme, où mer limpide, campagnes baignées de soleil et villages anciens s’entrelacent avec une histoire millénaire. Au-delà de ses plages les plus célèbres, ce coin des Pouilles abrite des trésors cachés, comme d’anciennes cryptes rupestres, lieux empreints de spiritualité et d’art. Parmi elles, se distingue la suggestive Crypte Attarico, un site qui renferme légendes, traces de l’époque byzantine et panoramas parfaits pour ceux qui aiment combiner vacances dans le Salento et itinéraires de trekking culturel à l’intérieur des terres.

La Crypte Attarico et l’Abbaye du Mito

Près de l’Abbaye du Mito, sur la colline du même nom à Andrano, se trouve une cavité naturelle qui abrite la Crypte Attarico. Elle n’a pas été creusée par l’homme, mais aménagée en lieu de culte. Son origine, probablement basilienne, est confirmée par le type de fresques présentes sur les murs : une Vierge à l’Enfant et divers saints, aujourd’hui malheureusement très effacés à cause de l’humidité et des effets du temps.

Qui étaient les moines basiliens et pourquoi sont-ils venus dans le Salento ?

Les moines basiliens étaient des disciples de la Règle de Saint Basile, fondateur du monachisme oriental, qui mettait l’accent sur la prière, le travail et la vie communautaire. Ce mouvement monastique s’est développé dans l’Empire byzantin et s’est diffusé également dans le sud de l’Italie.
Ils sont arrivés dans le Salento principalement entre le Ve et le VIIIe siècle, poussés par diverses raisons : fuite des persécutions religieuses et instabilité dans l’Empire byzantin, diffusion de leur culture monastique et recherche d’un environnement propice à la vie érémitique. La région était en effet sous influence byzantine et représentait un carrefour entre Orient et Occident, avec des communautés prêtes à accueillir leur mode de vie et leur liturgie en grec.

Les basiliens s’installèrent dans des grottes, ermitages et monastères, exploitant les caractéristiques naturelles du territoire, telles que les côtes rocheuses et les cavités, pour se retirer dans la contemplation et la prière. Par leur présence, ils introduisirent dans le Salento des éléments d’art sacré, d’écriture et de rituels byzantins, laissant une empreinte culturelle et religieuse significative.

L’origine du nom « Attarico »

Le nom « Attarico » viendrait du toponyme de la contrée où il se trouve, Taricum, du grec « tannage ». Par le passé, cette zone du Salento était réputée pour le travail du cuir, favorisé par la présence de chênes valloniens dont les glands fournissaient le tanin, indispensable au nettoyage et à la préparation des peaux. Les moines basiliens utilisaient une partie de ces peaux pour relier leurs manuscrits, liant ainsi la crypte à la vie monastique locale.

Un refuge pour les moines basiliens

L’Abbaye du Mito fut un centre basilien actif au Moyen Âge. On pense que la crypte pouvait servir de demeure temporaire ou de refuge aux moines, notamment durant la période des persécutions iconoclastes. Elle possédait autrefois de nombreux couloirs souterrains, aujourd’hui murés, une caractéristique commune à d’autres sites basiliens comme la Crypte du Gonfalone de Tricase.

Modifications et restaurations

La voûte près de l’entrée s’est effondrée, puis a été partiellement reconstruite avec des travaux de restauration qui ont inclus la création de murs en pierres sèches et d’un escalier menant à un petit palier. Aujourd’hui, la crypte est toujours ouverte au culte et, pour en conserver la mémoire, une petite église à la forme insolite pour un édifice religieux a été construite à proximité.

Une légende séculaire

Autour de la Crypte Attarico circule une légende transmise depuis des siècles. On raconte qu’au XVIe siècle, dans une ferme de la contrée, vivait une jeune mère avec son enfant. Bien qu’elle l’allaitât régulièrement, le petit s’affaiblissait de jour en jour. Désespérée, la femme pria la Vierge, qui lui apparut en songe et lui révéla qu’un serpent, caché dans la cabane, buvait le lait destiné à l’enfant. La Vierge lui montra où trouver l’animal et lui dit de le tuer. À son réveil, la femme trouva le serpent et l’écrasa. Dès lors, l’enfant retrouva la santé. Cette histoire a probablement contribué à associer le nom de la contrée au mot « lait ».

Mais poursuivons notre itinéraire à la découverte d’autres cryptes rupestres du Salento.

Crypte du Gonfalone – Tricase

Située dans la campagne de Tricase, elle abrite un autel du XVIIIe siècle avec une Vierge byzantine. Autrefois entièrement ornée de fresques, elle est soutenue par des colonnes irrégulières et, selon la tradition, était reliée à l’Abbaye du Mito par des couloirs souterrains. Une autre belle occasion d’organiser un trekking dans le Salento. Mais découvrons-en d’autres.

Crypte du Saint-Esprit – Castiglione d’Andrano

Creusée dans la roche calcarenite, elle présente un autel monobloc et était un lieu de pèlerinages pénitentiels. Elle reste aujourd’hui le centre de la fête de la Pentecôte, mêlant dévotion et tradition populaire. Si vous passez votre été dans le Salento, entre deux baignades vous ne pouvez manquer de visiter ces lieux extraordinaires où l’histoire semble plus vivante que jamais.

Crypte du Christ Pantocrator – Giuliano di Lecce

Dans un jardin caché se trouve cette crypte qui conserve le seul visage restant d’une fresque byzantine représentant le Christ Pantocrator. L’intérieur, avec sièges taillés et autel en pierre, est idéal pour ceux qui aiment découvrir des lieux insolites dans le Salento.

Crypte de Saint Élie – Patù

Près de la route de San Gregorio, elle conserve des fragments de fresques représentant un Christ Pantocrator, la Vierge et probablement Saint Élie. Les croix peintes rappellent la période iconoclaste.

Conseils pour la visite

Pour les amateurs de trekking dans le Salento, la région d’Andrano et de Tricase offre des sentiers immergés dans la garrigue méditerranéenne, avec des vues panoramiques sur la côte. La meilleure période pour visiter ces cryptes est le printemps ou l’automne, lorsque le climat est doux et que la lumière met en valeur les couleurs de la pierre et des fresques. En été, les visites peuvent être associées à des journées à la mer dans les stations balnéaires voisines.

Un patrimoine à protéger

Les cryptes du Salento sont des écrins d’histoire et d’art rupestre, témoins silencieux d’une spiritualité ancienne. Les visiter, c’est contribuer à en préserver la mémoire et à valoriser un patrimoine menacé de disparition. Associer la découverte de ces lieux à des vacances dans le Salento, c’est vivre une expérience complète, entre mer, culture et nature.